Je vous souhaite le BONHEUR !

Au fait, qu’est-ce que le BONHEUR

Avez-vous remarquez que tout le monde veut votre bonheur ? Amis, collègues de travail, voisins, famille, animateurs, motivateurs, etc ! Tout le monde y va de son grain de sel, de son histoire, de ses lectures, tout en vous donnant « LA » recette du bonheur, cette grâce et cette vérité à atteindre pour être heureux !

Selon le Petit Larousse, le bonheur est « un état de complète satisfaction, de plénitude; c’est trouver ce que l’on cherche, avec un résultat heureux. » Bon … et ensuite me direz-vous ! Bien, saviez-vous que chez les Grecs de l’Antiquité, le bonheur était plutôt « une manière de penser philosophique : qui se traduit par une absence de douleur ou encore une disparition plus ou moins permanente des troubles du corps ou de l’âme ». Aujourd’hui, on assiste plutôt à une psychologisation du bonheur …

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J’ai découvert, au fil de mes lectures et de mes recherches sur le sujet, que le bonheur n’est pas planétaire ! Eh non ! « Le bonheur est un luxe qui existe et qui surgit dans des sociétés confortables », selon l’écrivain et auteur Dany Laferrière. En Haïti par exemple, le mot « bonheur » n’existe pas littéralement !

Et pourquoi, me direz-vous, que ce mot n’existe que dans nos sociétés confortables ? Eh bien, tout simplement, parce que nous sommes libres : de penser, d’agir, d’être et de faire, selon nos propres croyances. D’après MASLOW, le bonheur reposerait donc en grande partie sur l’aptitude à conduire sa vie comme on l’entend, avec le maximum d’efficacité. Avec cette totale liberté, nous avons donc, selon notre logique, accès et droit au bonheur total ! … Même que le philosophe Jacques Senécal nous invite à la réflexion sur le bonheur en nommant que « la notion de bonheur est-elle étroitement associée à celle du droit, de l’égalité et de la liberté ? »

D’où vient l’idée du bonheur à tout prix ? Ce désir d’être heureux est relativement ressent. « L’espoir du Salut Éternel a basculé vers le droit à un bonheur terrestre » nous explique Gilles Gagné, sociologue à l’Université Laval. Même dans la Déclaration d’Indépendance des États-Unis de 1776, il est clairement écrit que « les américains ont un droit à la recherche du bonheur ».

« Comment ce fait-il que j’ai tout et que je ne suis pas heureux » ?

Le bonheur étant abstrait, il est donc dans la liberté de croire ! Avec les années, en serions-nous devenus à croire que le bonheur se retrouve dans la consommation ? « J’ai tout et je ne suis pas heureux » …

Il est intéressant d’observer que le bonheur étant un « droit » fondamental – selon les sociétés confortables -, tout le monde le cherche … surtout dans le bien matériel et ce, même si on sait très bien que le bonheur ne s’achète pas. On se retrouve alors constamment déçu, parce qu’évidemment personne ne le trouve ! La course à la consommation nous a fait passer d’un monde fermé, austère et dominé par des tutelles de toutes sortes, à un univers ouvert à toutes les possibilités de bonheur …

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Le bonheur est donc un état psychologique qui se réalise à l’intérieur même de la personne; les réalisations matérielles n’en sont simplement que le décor …

« À force de courir après le bonheur, on fini par être malheureux de ne jamais le trouver »

Selon Rose-Marie Charest, psychologue, « … il existe depuis une dizaine d’année une hyper responsabilisation face à son bonheur; la personne n’évalue plus seulement comment elle se sent, mais n’évalue que sa propre performance à être heureux ! C’est dramatique, car on perd de vue l’objectif qui est finalement de mener une vie qui a un sens, une vie qui nous ressemble, une vie qu’on évalue globalement comme étant la nôtre et assez satisfaisante ».

Si j’approfondie la réflexion un peu plus loin, puis-je peut-être affirmer que la quête d’être heureux, la phrase du « je dois être heureux » semble donc être une mauvaise piste en soi ?

Un sage a dit un jour que « ce n’est pas en augmentation les biens, mais en réduisant nos besoins » que nous trouverons une certaine paix intérieure ». Il serait peut-être intéressant de retrouver la pensée essentielle d’Épicure (341 à 270 av. J.C) qui nous incite à comprendre que la frénésie accélérée dans la possession des biens et des richesses ne fait qu’accroître l’insatisfaction, la frustration et la dégradation.

Arrêtons donc cette quête du bonheur, cette étoile inaccessible, de le chercher inlassablement ce bonheur ! Il suffit peut-être simplement de danser, rêver, faire naturellement notre devoir de parent, d’ami, de citoyen, de travailleur … de cultiver son propre jardin sans rien attendre en retour. Peut-être que de cette façon, nous découvrirons tout simplement une joie de vivre, sans qu’on s’y attende !

Alors, en ce début de février, je vous souhaite … Santé, Paix et … de trouver votre joie de vivre !

Marie M.

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SENÉCAL Jacques, « Le bonheur philosophe – de Pythagore à Al Gore », Éditions Liber, Montréal, 2008
Émission Second Regard, saison 2012 épisode 18, en ligne http://www.tou.tv/second-regard/S2012E19