Savoir-expert qui se perd !

Depuis quelques semaines, voire quelques mois, la détresse du corps professoral est alarmante et avec raison.  Les professeurs sont au bord du gouffre, ils ont peine à offrir la matière aux élèves, sont débordés dans des classes vétustes et de conditions digne de la deuxième guerre parfois; le matériel didactique est déplorable et on ne parle pas du support académique essentiel à une classe dite “régulière” qui contient plus de la moité d’élèves en difficultés académiques, comportementales, sociales, en carences de toutes sortes.

Notre système d’éducation … pardon, notre système scolaire – et c’est là, je crois, que tout doit être repenser – est en déficit et déficient. Notre système scolaire – et non pas d’éducation – a besoin d’être repensé et revisité pour offrir une qualité d’instruction que tous les enfants ont droit.

Tout d’abord, c’est un système scolaire de l’instruction et non pas de l’éducation – qui renvoi à l’éducation parentale; je crois que tout part de là.

 

Je suis de la vieille école … 

Oui, je suis de la vieille école – mes jeunes adultes (au nombre de 3) ont en moyenne 23,5 ans. Oui, ils sont passés par l’école publique et pour certains ce fût plus facile que pour l’autre. Oui, il y en a un qui avait – et qui a encore – une partie de l’alphabet comme diagnostic (TDA/H, TPL, TOC, TA et TC) et il vit avec depuis toujours. Et comme parents, nous l’encadrons encore – même à l’âge vénérable de son quart de siècle. Et c’est long, c’est plus long … et, parce qu’il y a un et …

Ce n’est pas au professeur de s’occuper de l’encadrement et de l’éducation de mon jeune; le professeur est là pour l’instruire, sans plus !

Lui donner le goût de s’investir –  même si parfois c’est plus difficile ! Là s’arrête l’investissement professionnel autre que celui de l’instruction.

 

 

Redonner la responsabilité et l’éducation parentale au parent 

La responsabilisation parentale … où est-elle ? Où a-t-on donner le droit et quasiment l’obligation aux enseignant.e.s d’éduquer nos enfants ? L’éducation revient au parent me semble, pas aux profs !

Je n’ai pas – comme parent – l’habileté d’instruire, mais j’ai l’obligation de trouver des moyens, des outils, des trucs pour éduquer mon (ou mes) enfant.s ! J’ai vu et entendu tellement de parents dire à la rentrée scolaire : « Enfin, c’est le tour de l’école de s’occuper de lui … ça fait deux mois que je l’ai dans mes pattes, je suis épuisée » … Euuuu, m’dame, votre enfant a 8 ans !

S’il agit de la sorte, peut-être vous envoi-t-il un message qu’il a besoin de vous, de votre attention, de votre amour … et quoi encore ! Je vous fait fi des discours parentaux entendus lors de la rentrée scolaire des adolescents … c’est à donner froid dans le dos !!!

Ne me jetez pas la première pierre à votre portée … tous les parents ne sont pas comme ça – mais tous, moi y compris, en conviendrez, que nous y avons pensé.

 

Accompagner les parents, c’est la clé !

Au-delà de la difficulté d’apprentissage et des problématiques rencontrées, les parents se sentent souvent démunis par le manque de références et d’outils concrets pour accompagner leur enfant.

Du support, pas nécessairement financier pour remettre la responsabilité à d’autres – mais plutôt un support physique, des trucs, des outils, de la formation, un encadrement parental pour aider nos parents à aider leurs enfants; ces enfants et des ados et qu’on se le dire, des jeunes adultes. Offrir un support parental aux parents, aider nos parents à aider nos enfants !

Qu’on se le dise … Ce n’est pas parce que ton enfant – ou jeune adolescent – a 13 ans qu’il a assez d’autonomie pour se gérer seul. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est prouvé … alors expliquez-moi comment ça se fait qu’on remet cette responsabilité aux professeurs quand l’enfant doit toujours – dans une très grande majorité – continuer à se sentir encadrer par ses PARENTS ! ET ces parents-là, ils ont besoin d’être entendu dans leur détresse, dans leur rôle parental et aussi dans le manque d’écoute que la société n’a plus pour eux.

Chers parents, débrouillez-vous” !!! … Euuuu, non.

 

Se mettre la tête dans le sable ne règle rien

Donner des outils et du support aux parents ? Faut-il encore que les parents se sentent concernés et qu’ils arrêtent de se fermer les yeux en pensant que tout est de la faute du système scolaire. Pendant qu’on joue au ballon entre les parents et les professeurs, ce sont les enfants qui souffrent !! Soyons conscients qu’à chaque fois qu’on envoi un message négatif à notre enfant ou notre jeune, on ancre dans son cerveau qu’il est un incompétent et que de toute façon, personne ne peut rien pour lui … que c’est la “faute de l’autre” s’il est comme ça.  Il ne se responsabilise pas, les parents non plus.

Les diagnostics “TDA – TDA/H – TC – TOC – TA et etc.” ne se règlent pas seulement avec une médication. Ça prend aussi un encadrement ET de la patience de la part du parent … une compréhension de l’état du jeune ET de l’investissement parental, de l’écoute et de l’aide pour le parent pour qu’il puisse aider son enfant, son adolescent et son jeune adulte.

Ce n’est pas au professeur de prendre cette responsabilité, ni à la société mais bien au parent et pour ça, il doit y avoir du support pour eux.

 

Tout le monde dans le même panier … euuuu, non !

Je ne mets pas TOUS les parents dans le même panier – parce qu’ils n’y sont pas, Dieu merci ! Une très grande majorité de ces parents d’enfants « à problèmes comportementaux » ne sont plus là parce qu’ils ont démissionné dès le milieu du primaire devant la difficulté de leur progéniture au niveau du comportement – parce qu’on ne parle pas ici de difficultés d’apprentissage, on ne parle que de comportement … par manque de ressources, de compréhension.

La société juge beaucoup; on dit de nos enfants qu’ils sont “méchants” entre eux … puis-je vous rappeler que l’adulte est aussi “méchant” envers les parents qui ont des enfants “à problèmes” ? Combien de fois je me suis fait jugé parce que mon enfant était différent, qu’il n’écoutait pas, qu’il ne “voulait” rien savoir, qu’il n’était pas éduqué “comme du monde”.  Combien de fois je me suis fait dire que je n’encadrais pas bien mon jeune adolescent et que j’étais “la” personne responsable de son attitude”.

Combien de fois j’ai demandé de l’aide, combien de fois je me suis cognée à des portes clauses, combien de fois que je me suis fait dire “qu’on ne peut rien faire pour vous” … mais on peut mettre votre enfant dans une classe de comportement. Euuuu, non ! Donnez-moi des outils pour que je puisse aider mon ado !

Je vous conjure, cher lecteur, que d’avoir eu les “vraies” ressources et non pas une simple étiquette pour mon enfant, une vraie compréhension de la société, tout aurait été différent … et tout serait encore différent pour les parents démunis et en détresse parentale.

 

Photo Julie & Marguerite

Revenons à nos moutons

Le prof est là pour l’instruction – pas pour l’éducation ! Ce rôle revient au parent, qu’on se le dise ! ET là, vous me direz : « Madame Montpetit, les parents n’ont pas le temps … ils sont débordés par leur travail et leurs occupations personnelles » … Et je vous répondrai : « Oui, mais c’est aussi ça, avoir des enfants !».

Le professeur a à coeur la réussite scolaire de son élève tout comme le parent a à coeur la réussite “tout court” de son enfant. Repenser la façon de voir notre système d’instruction est une chose et redonnez au parent la responsabilisation de l’éducation en est une autre.

Il y a importance et urgence d’agir … parce qu’on est en train de perdre tout un savoir-expert de l’instruction et tout un savoir-faire de l’éducation ! C’est au parent de voir à l’éducation de son enfant ainsi qu’à la transmission des valeurs familiales. C’est au professeur de voir à la transmission de l’instruction ainsi qu’aux valeurs sociales.

Quand les deux parties auront compris que de travailler ensemble – et non pas de travailler l’un contre l’autre – est la clé, je crois profondément que nos enfants pourront, qu’à ce moment-là, être disposé à être motivé à apprendre et qu’ainsi les professeurs de nos enfants auront la chance et l’opportunité de les instruire adéquatement.

Pas avant.

Mais oui, je vous l’ai dit en début de texte … je suis de la « vieille école » !

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Marie M.

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