La mort … même quand on s’y attend …

Depuis quelques jours, je suis confrontée – par les épreuves des gens autour de moi – par la triste réalité de la vie … la perte d’un être cher.

Julie Laplante, artiste-photographe

Le deuil expliqué – la théorie

Le premier passage après l’annonce de la perte d’un être cher est souvent un état de « choc ». Même si la fin était prévisible, on a au fond de soi ce sentiment que “ce n’est pas vraiment arrivé”. Le corps se mobilise souvent en “s’engourdissant” pour nous aider à diminuer l’intensité du deuil que nous sommes en train de vivre.

Le service funéraire ou autre rituel permet de rendre la perte plus “réelle” et offre l’opportunité aux survivants d’exprimer leurs sentiments à l’égard du défunt; de plus, c’est le moment à l’entourage des endeuillés d’offrir le support et réconfort à ces derniers. Je me permets de nommer ici que les rituels funéraires permettent et/ou facilitent le processus du deuil …

La deuxième étape de ce processus est de « vivre la douleur de la perte »; les pleurs ne suffisent pas. Une déstabilisation imminente se pointe se qui crée parfois un état démoralisant. Cette étape est cruciale – et très difficile – dans ce processus du deuil; elle permet les renoncements nécessaires ou encore les « unfinished business » – ces questions restées sans réponse dans la relation d’attachement avec la personne décédée.

La troisième étape s’amorce également doucement; de vivre dans le même environnement en étant conscient que « l’autre » n’est plus. Les repères ne sont plus les mêmes, on ne se reconnaît plus; on doit réapprendre à vivre, autrement. Le rôle que la personne décédée jouait dans cet environnement influence grandement ce processus : par exemple, la personne décédée était la personne responsable « des cordons de la bourse familiale », il se peut que la personne survivante doive faire face à des difficultés d’adaptation au niveau de son propre budget …

Finalement, la quatrième étape survient lorsque la personne ressent qu’elle est apte et « solide » à poursuivre sa route, non pas sans peine, mais sans douleur. Cette étape ne peut être faite « sous pression » et ne survient que lorsque les autres étapes sont bien franchies et complétées. De poursuivre votre vie en faisant preuve de créativité basée sur vos intérêts personnels et non sur les options qui vous sont proposés. « Fais ceci ça va aller mieux » … non; plutôt « j’ai le goût de faire cela, je vais essayer » …

Chaque étape du deuil se vit de façon bien personnelle et prend de quelques jours à quelques mois à chaque passage … il n’y a pas de « mauvaise réponse » ni de mauvais moment …

 

Berges de l'Océan Pacifique

Photo Marie M.

Le deuil exprimé – dans le quotidien
Perdre une personne que l’on affectionne particulièrement – être confronté à cette « rupture involontaire », crée en chacun de nous des émotions et des sentiments différents.

Que ce soit de l’incompréhension ou de la colère, il demeure que d’être confronté au deuil est tout comme recevoir un coup de poing au cœur, de se faire éclater le cœur, de ressentir un trou sans fond. Très peu d’expérience – au cours de notre vie – nous remuent de la sorte et nous ne sommes vraiment jamais prêts à vivre ce grand bouleversement qui nous est imposé et qui va – doit-on le dire – nous désorganiser pour un bon moment.

Notre quotidien est trop souvent habitué à se faire contrôler par notre « tête », à se faire maîtriser du mieux de nos connaissances; lorsqu’arrive un événement comme un deuil, nous sommes envahis par tellement de grosses émotions que notre « cerveau » est incapable de tout gérer à la fois … nous devenons alors confus, désorientés et mélangés. C’est l’inconnu avec un grand vide …

Douleur, incompréhension, soulagement, colère, tristesse, découragement, confusion, désorientation … comment fait-on pour avancer sur ce chemin inconnu, un chemin qui nous est imposé ?

 

Océan pacifique

Photo Marie M.

Le fameux « temps »
Traverser un deuil, apprendre un nouveau quotidien avec l’absence de cette personne qu’on a tant aimée, tant aidée est parfois long et souvent difficile. Ce départ – cette mort – nous demande du temps, de l’énergie, des ressources intérieures jusqu’ici inexploitées qui nous fatiguent le cœur et l’âme … mais qui – avec le temps – nous feront prendre conscience d’une transformation intérieure qui – au-delà de la blessure – demeurera.

Le deuil n’est pas une maladie – donc on n’en guérit pas ! Le deuil est un passage, un chemin qui évolue bien souvent avec le temps. Il se vit naturellement, accompagné par nos ressources intérieures. D’accepter – quel mot horrible à ressentir lorsque la blessure est si vive – cette douleur tout en se disant qu’avec les jours, les heures qui passent, ce chemin que nous parcourons deviendra moins ardu et moins difficile à traverser.

Par contre, rien n’est plus difficile que d’éviter ce processus de deuil, de refouler ses émotions … accueillir ses souffrances nous permet d’y trouver un sens – même si dans le temps présent, il est trop difficile de démêler le bon du mauvais. Lorsque nous sentons que ce chemin devient trop difficile à surmonter – avec les jours, les semaines et les mois qui passent – et que rien en nous ne change, que la souffrance demeure comme au premier jour, il peut être bon de demander de l’aide …

La mort, qu’elle soit attendue ou subite bouleverse toujours les êtres humains. La perte d’un conjoint, d’un enfant, d’un ami ou d’un parent est toujours déstabilisante. C’est pourquoi il est important de ne pas rester seul; d’en parler, d’aller chercher de l’aide professionnelle ou adhérer à un groupe de soutien pour endeuillés permet de sortir de l’isolement et d’en ressortir grandit !

 

Marie M.

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