Papa, je suis désolée … ou quand la vie nous envoit la mort en plein drame

Mon papa est décédé en 2016 … de l’Isle-Verte à son grand départ, il n’y a pas un soir où je ne lui ai pas dit cette phrase “Bonne nuit papa, fais de beaux rêves … pas de puce pas de punaise” comme si – à tous les soirs – je prenais ce court temps pour me remémorer cette triste histoire …

 

Tout comme le drame de Mégantic à l’été 2013, un autre drame social frappe en cette nuit glaciale du 23 janvier 2014.

Photo: Keystone/Ryan Remiorz

Photo: Keystone/Ryan Remiorz

Comment rester insensible à cet événement terrible, tant pour la perte de toutes ces personnes en fin de vie que pour les familles qui, dans un état de non-retour, ont décidé de placer leur parent en perte d’autonomie.

En tant que “parents de mes parents”, j’ai fait le choix difficile et déchirant de “placer” mon père dans un CHSLD à l’automne 2013. Lui faire prendre conscience et de lui faire accepter que ce choix de fin de vie est LE MEILLEUR pour lui a été des moments très difficile pour toute la famille ! Pour qu’il puisse avoir les meilleurs soins possibles, dans un encadrement sécurisé et fait pour lui, afin qu’il puisse avoir une fin de vie digne et humaine.

Après beaucoup de patience et de déracinement, de compassion, d’écoute et d’enracinement, mon père a finalement “accepté” son nouveau “chez lui” et s’est même fait un nouvel ami !!! Il l’invite même à venir prendre une petite boisson gazeuse à son “appartement” le soir et ainsi partager les vieux souvenirs …

“Enfin”, que je me dis … ce choix aura du bon. Moments paisibles à l’horizon, douceurs d’échanges du temps d’avant avec mon papa, comme si on rattrapait un peu les souvenirs au vol. La veille du drame de l’Isle-Verte, j’ai appelé mon père … comme à tous les soirs. “Bonne nuit p’pa, fait de beaux rêves … pas de puce, pas de punaise …

Julie & Marguerite

Ce matin, en me réveillant et écoutant les nouvelles, la télé et la radio n’avaient de mots que pour le drame de L’Isle-Verte dans le Bas St-Laurent. Comment vous dire, chers parents de vos parents, toute la sympathie et la tristesse que je ressens à travers vos larmes, vos douleurs de la perte de votre parent. Comment ces derniers moments précieux avec la génération qui vous précède, vous arrache le coeur au plus profond de vous.

Ce matin, mes pensées vont vers vous … parce que malgré le fait que vous avez surement fait le bon choix pour votre parent en fin de vie, ce n’est certainement pas de cette façon que vous avez envisagé leur fin de vie.

Ce soir, lorsque je parlerai à mon père et que je lui souhaiterai une belle et douce nuit, c’est à vos parents en même temps, que je le ferai; et, je lui dirai que je l’aime … parce qu’au fond, on ne sait jamais lorsque notre parent s’endort pour ses rêves d’éternité.

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Marie M.

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